Sommeil du désert
Organiste ensommeillé dans métro désertique : vue d’artiste.
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Pendant Roland-Garros, l’après-midi, parfois, je regarde la télé. Pas souvent France Télévisions mais, au moins, ça m’évite les commentaires des crétins payés pour blablater au lieu de bien fermer définitivement leur grande mouille. C’est déjà ça !
« Veuillez m’excuser de ne pas avoir réagi à votre courriel plus tôt, mais vendredi soir et samedi j’étais invité à un anniversaire. » Je me doutais que nous avions choisi le bon expert : non seulement il est simple quoique vraiment expert, mais en plus il a les meilleures essscuses du monde.
Dans certaines églises, prudents, les responsables ont barreaudé la fenêtre des toilettes pour que les organissses ne s’échappent pô. Mazette, ils sont forts, les diables.
Hé-ho ! Ça dérangerait quelqu’un d’envoyer un peu de soleil pour pas démoraliser ceux qui bossent les jours Ferrier ? Par avance, merci.
« Si les sabres cognent la planche de l’abrégé de tirasse, que fait-on des découpes pratiquées pour l’avancée des sabres ? » On est tout simplement, simplement, sur une réunion de chantier organistologistique.
– Déception. La mairie n’est pas venue comme prévu inaugurer l’exposition « Europe vivre-ensemble », avec la création de Serty 31 sur le vivre-ensemble en Europe via des lignes graphiques qui… – Et si on allait en discuter autour d’un verre de whisky puis de rosé, monsieur le curé ? (Parfois, c’est smooth d’être titulaire.)
Non. Quand tu joues un baptême, et que toute la famille sauf les vieux est concentrée à l’entrée du lieu de culte, tu ne vas pas distribuer ta carte en cas de décès envisagé dans les mois à venir. Un peu de dignité, quand même. (Mais t’y penses. Même si tu n’as pas de carte.)
« Les coincements du deuxième ré se fréquentifient », stipule l’organissse sur le cahier de doléances destiné au facteur. Sans doute du Bertrand Ferrier dans le texte, je suppute. Las ! Néologisez, il en restera souvent à peu près rien, mais bon.
– Quand tu me disais : « Mon orgue a une très belle flûte », je pensais pas à une flûte-flûte. Plutôt à un jeu de flûte. – En tout cas, ici, on a une flûte qui sonne très bien. Peut-être es-tu un p’tit peu jaloux ? (Humour d’organissse.)
La bordure de tribune scotchée et lumineuse : une prudence sans doute précieuse pour les organissses bourrés ou les atterrissages difficiles.
… mais faut dire aussi que j’allais jouer de l’orgue à des obsèques.
On connaissait « le Seigneur est par minou ». Mais, en ce dimanche des vocations, quid du : « Beaucoup de vocations fleurirent grâce à l’exemple d’un néné ? »
Sans être un maniaque, un p’tit peu d’ménage, parfois, ça f’rait tant souffrir ?
Un proviseur qui salue son subordonné d’un envoi laxatif : « Pars en paix, Pruno ». Un chœur soi-disant mignon qui chante à l’unisson Let it be à l’entrée du corps. Une chantresse qui explique : « Pour l’alléluia, on fera quelque chose de solennel, je m’accompagnerai au ukulélé alors, surtout, vous ne jouez pas. » On est tout…
« Vous verrez, il y a un grand écran parfait pour voir l’assemblée. – Et il marche ? – Hum, en général, oui. Mais là, non. – Ah. – Voili voilou. »
« Bertrand, tu exagères. Les chants liturgiques contemporains, c’est pas si nul ! – Ben quand même. Et encore, c’est que les paroles. Même Florent Pagny a embauché quelqu’un pour que son caca ait une meilleure odeur. Faut rester dignes, non ? »
Samedi. 11 h : baptême dans le 95. 14 h 30 : messe de mariage dans le 92. 18 h 30 : messe dans le 75. Pas de bière, mais une pression – après le sprint pour être à l’heure, serai-je au niveau au moment de suivre Werther, le soir ?
Avantage de l’organissse itinérant : parfois, tu rencontres des tigres avec qui discuter. En promeneur. Ou en passant, à la rigueur.
Trouvé sur l’orgue cette revue, lors de la solennité de l’Annonciation, ce 4 avril. Aurais-je donc abusé, à l’insu de mon plein gré, et de ma posture de titulaire et d’une jeune paroissienne qui me rappellerait ainsi à l’ordre ?
Hey ! Si demain dans ta rue, si demain dans ta rue ou si demain dans ta ville, les gens te montrent du doigt parce que t’as les ch’veux comme ça ou parce que tu t’habilles comme ça alors que t’es juste un organisssse… Dis-leur, dis-leur que tu appelles la HALDE, que tu alertes le…
Devinette : quelle est la différence entre un organissse et un pilote de la GermanWings ? Réponse : au pilote de son bolide musical, aucun organissse n’a jamais causé d’asssident. Lui.
Réunion de chantier. Orgue en cours de remontage. La vie reprend. Bientôt. Quasi.
Déjà, acquérir un réflexe d’organiste non germanophone : « Peut-être que, en allemand, trompette se dit trompete ? » Puis revenir à la réalité : « Du coup, en allemand, on dit positif ou positief ? »
Du 16 février au 10 mars, découvrez le grand entretien que nous a accordé le pianiste et compositeur Nicolas Horvath,
à l’occasion de la parution de ses Préludes à la lumière noire.
Cinq épisodes plus un bonus nous plongent à bâtons rompus
dans la fabrique d’une musique électro-acoustique puissante et profuse,
malaxée et propulsée par un jeune pianiste virtuose.
L’aventure commence ici !