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Chaos String Quartet, « Chaos » (Solo Musica) – 5/7

Première de pochette

Il est rare que Jean-Philippe Rameau soit associé à l’idée de chaos, qui préside à ce disque. Pourtant, le compositeur a bien mis cet imaginaire en musique sur un livret de Louis de Cahusac, à l’occasion de l’ouverture de Zaïs, opéra-ballet racontant le test d’amour réussi par Zélidie tout en rendant hommage dans le même mouvement – estiment les connaisseurs qui s’y connaissent – à la maçonnerie.
Avant l’acte premier, donc, le prologue « peint le débrouillement du Chaos et le choc des Éléments lorsqu’ils se sont séparés ». Le roi des Génies y réveille les Éléments et suscite l’apparition de l’Aurore, de l’Amour et des Plaisirs. Présenté dans un arrangement maison, sans transition après le second quatuor de György Ligeti mais avec l’aide d’une percussion dans l’incipit, l’œuvre oscille entre

  • musique programmatique,
  • solennité assumée et
  • fragmentation du propos.

C’est un terrain de jeu idéal pour un quatuor qui a le goût

  • des mutations,
  • du bouillonnement et
  • des contrastes en tout genre
    • (intensités,
    • attaques,
    • caractères…).

Réduit à seize cordes, le prologue perd certes en majesté mais nullement en

  • tonicité,
  • effets spectaculaires et
  • énergie joyeusement chaotique.

 

 

Une transition cosignée par Samu Gryllus et le quatuor propose un passage escarpé entre Rameau et Johann Sebastian Bach.

  • Souffles,
  • frottements et
  • glissements

semblent explorer une inframusique dont émerge le deuxième contrepoint de L’Art de la fugue, après le premier entendu presque au début du disque. Le quatuor y fait sonner sa vision du chaos : un triple mélange

  • de rigueur métronomique et de brusquerie (les rythmes pointés sont sciemment surpointés),
  • de clarté dans l’exposition polyphonique et de luxuriance dans le déploiement des quatre voix,
  • de précision dans la répartition de la mélodie et d’art de la conversation dans les commentaires et prolongements du sujet qui font foisonner la partition.

Une judicieuse confrontation avec la musique bien plus unidirectionnelle d’un Rameau, qui continue de soutenir l’intérêt d’un disque que nous écouterons plus avant dans une prochaine notule. À suivre !


Pour écouter le disque gratuitement, c’est ici.
Pour l’acquérir, c’est par exemple .

Petits papiers – 15

Vivement une restauration de cette démonstration scientifique de la capacité française à lutter contre les virus. Gare d’Ermont-Eaubonne (Val-d’Oise), avril 2026. Photo : Bertrand Ferrier.

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par une façon immanquable de lutter contre le dopage technologique et personnel par l’un des mecs qui court le marathon en moins de deux heures. « Rien qu’des dos’ d’eau claire au fond d’la musette » chantait Francis C., sans citer nommément – le cachottier – ni Sabastian Sawe, ni Paul Seixas.

 

C’est pas la course à la défense ni la course à l’armement. C’est la course à la guerre qui crame autant de billets, nuance.

 

Dans la série « Ajouter une blague à ce monde gorafisé serait superfétatoire », nouvel pizob.

 

La billetterie de Jean-Marc Dumontet réussit à facturer des envois de courriels (tout en vendant les billets les plus au fond de son théâtre 39 € pièce). Pareil, superfétatoire ce serait commenter de.

 

Là, j’avoue, j’ai cherché une blague. Mais « une nouvelle réalité territoriale se dessine » pour ne pas parler de la colonisation meurtrière par L’État-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom sous peine de courroucer Mme La Censeuse Caroline Yadan, peut-être que c’est déjà une blague de lèche-entre-fesses, qui sait ?

 

Co-prince d’Andorre (sans faute d’orthographe), donc autodécoré par lui. Comme s’écrierait Redouane Harjane, « mais meurs, meurs, meurs bien ! ».

 

Franchement, Le Figaro, confiez la stagiérie à des stagiéristes francophones. Après que + indicatif, bravo ; mais « bientôt un an après que », à part un MNA de 36 ans niveau CP, qui c’est qui qui parle presque de la sorte ? On écrira mieux : « Presque un an après que Benoît, son fils de 17 ans », eh oui. Et on en profitera pour reformuler afin d’éviter la récurrence de « après ». Allez, va demander pardon à papa et viens faire le bisou.

 

Doublé aussi pour qui ? Peut-être c’est mieux de boire trop de bière après le direct, pas pendant, même quand on pige à L’Équipe. Une idée somca.

 

Le Figaro, champion des scoupes de cheveux.

 

La dévastation orthographique by L’Équipe.

 

Aïe. Sans doute une faute du Bayern. Ou une sortie en boîte trop tardive, hier ?

 

Je sais que les temps sont durs et qu’les p’tits poissons font la gueule. Mais

  • une grosse enquête journalistique,
  • une volonté de creuser une problématique sociétale essentielle,
  • un vrai engagement à chercher la vérité en franglais contre un million de subventions,

ça redonne le peps, non ? Non ? Ha bon. En tout cas, j’aurai fait mon max.

 

À suivre !

Chaos String Quartet, « Chaos » (Solo Musica) – 4/7

Quatrième de pochette

Le chaos – tel que l’envisage le troisième mouvement du second quatuor de György Ligeti – est « come un meccanismo di precisione ». Après deux mesures de silence, le mécanisme

  • s’enclenche,
  • se décale,
  • se dérègle et
  • déraille.

À nous

  • poulies,
  • rouages et
  • roues dentelées

plus ou moins de guingois ! Le titre programmatique est assumé par la partition, même si la précision du mécanisme ne se réfère pas à une synchronisation lisse. Au contraire, grâce aux frictions répétées, le compositeur et ses interprètes donnent aux cahots rythmiques

  • du grain,
  • du relief et
  • de la matière.

Notes puis intervalles répétés

  • se jaugent,
  • accélèrent,
  • s’effacent puis
  • rejaillissent quand l’archet se substitue aux pizzicati.

Soudain, la palette

  • d’attaques,
  • de sonorités et
  • de registres

s’amplifie puis se resserre, dans une forme ABA accélérée qui n’est pas sans rappeler la structure de Lux aeterna.

 

 

Soudain, le chaos change d’apparence – Ligeti expliquait que les cinq mouvements travaillaient le même matériau, mais nous devons admettre que cela ne saute pas aux oreilles insuffisamment exercées. Avec le quatrième mouvement, c’est un chaos foufou qui se présente à l’auditeur. Il s’agit d’un presto

  • furioso,
  • brutale et même
  • tumultuoso.

Prometteur !

  • Tonnerre rugueux,
  • cacophonie apparente et
  • complexités rythmiques

font dialoguer

  • tenues éthériques,
  • crissements,
  • bombardements sonores,
  • curiosités harmoniques… et
  • silence pour une dizaine de secondes.

Semble ainsi fulminer un chaos marqué par

  • l’imprévisibilité,
  • les recombinaisons et
  • l’absence d’harmonie

dans le défilé de son kaléidoscope thymique.

  • Ça cogne avec rage, puis
  • ça s’apaise, puis
  • ça repart
    • en tambourinant,
    • en tonitruant et, grâce à la vigueur des musiciens,
    • en éructant sans fard.

Sous l’austérité d’une œuvre pétaradante, l’on se délecte de la vitalité qui émane de la capacité de la partition à déjouer toute attente hormis celle de la prochaine surprise.

 

 

Le cinquième mouvement renverse la table en s’annonçant comme un allegro « con delicatezza ». La rhétorique quasi minimaliste se distord en confrontant

  • des rythmes,
  • des évolutions et
  • des dynamiques

distincts à chaque pupitre. Un premier épuisement du sujet suspend le discours, avant que le second violon et le violoncelle ne relancent le grouillement sonore à coups de triples croches jouées triple piano, d’abord à l’unisson puis à l’opposé. Leurs collègues tirent des pédales vibrantes puis se lancent et entraînent tout le quatuor dans une cavalcade… qui s’éteint à son tour. Il serait donc là, le chaos, non point seulement dans son imprévisibilité

  • d’intensité,
  • de couleur et
  • d’énergie,

mais aussi dans sa capacité à ressurgir alors qu’il semblait

  • assagi,
  • étouffé voire, pis :
  • rangé des voitures.

De la sorte,

  • suspensions et tenues,
  • unissons et silences,
  • déflagrations et déstructuration de la ligne

permettent à l’oreille d’être toujours en alerte, et aux interprètes de laisser poindre l’oxymorique délicatesse du chaos, pimpée par

  • la virtuosité digitale et technique,
  • l’exigence de la mise en place et
  • la science de la nuance,

jusqu’à l’effacement dans le silence des espaces finis, pour une fois (désolé, Blaise, une autre fois, peut-être ?).

 

 

Pourtant, sans se laisser désemparer, l’exploration du chaos continuera dans une prochaine notule. À suivre !


Pour écouter le disque gratuitement, c’est ici.
Pour lire notre première chronique à quatre temps sur le premier disque du quatuor, c’est çà.
Pour l’acquérir, c’est par exemple .

Le jour où je n’ai pas épousé une princesse

Au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Rozenn Douerin.

Le capitalisme, c’est « l’expropriation de la masse du peuple par quelques usurpateurs » ; la révolution, c’est « l’expropriation de quelques usurpateurs par la masse du peuple », cinglait Karl Marx à la fin du premier livre du Capital. Force est toutefois de constater que, dans la masse du peuple, certains, à l’instar de tel comique chouchou marocain ou de tel blanc-bec arriviste élu député européen, envisagent de s’exproprier eux-mêmes de leur condition en s’acoquinant avec quelque usurpatrice de l’autoproclamée haute société.
Spoiler : c’est rare que ça finisse bien. Faut éviter trop de regrets au pas autoproclamé petit peuple… d’autant que c’est, à quelques chèvres près, le sujet d’cette chanson.

 

Chaos String Quartet, « Chaos » (Solo Musica) – 3/7

Première de pochette

Qu’est-ce que le chaos ? Comment la musique peut-elle nous en causer ? C’est la problématique de cet album concept, évoquée au long des deux épisodes précédents, et son examen passe à présent par l’expérience radicale constituée par le second quatuor de György Ligeti. L’allegro nervioso liminaire s’ouvre sur une mesure silencieuse « senza tempo ». Effacée promptement, elle précipite l’auditeur dans un monde où

  • explosivité des pizzicati fortissimi,
  • limbes des suraigus pianissimi et
  • phases planantes

dessinent une atmosphère fuligineuse. La rigueur rythmique de la partition, imperceptible à l’oreille nue,

  • chamboule les tempi,
  • secoue les mesures et
  • bouscule la division du temps (ainsi du mélange synchrone, au deuxième temps de la mesure 23,
    • d’un triolet,
    • d’un quintolet et
    • de quatre doubles).

 

 

Le chaos est ici un espace où les repères se brouillent. L’on essaye de s’orienter

  • à l’intensité,
  • à la tessiture utilisée,
  • à l’événement qui soudain jaillit,

et c’est cet essai, jamais satisfaisant, qui capte l’attention. Impossible d’entendre, il faut écouter. Accepter le sursaut. Scruter et être ébloui. Tendre la portugaise et se laisser hypnotiser pour finir à nouveau sonné. S’habituer à se déshabituer.

  • Ici bouillonne la rage.
  • Çà se cramponne la suspension.
  • Là déflagre la déflagration.

Pour qui aime se laisser raconter des histoires percutantes et imprévisibles, un délice piquant. Pour qui aime ouïr une voix douce parler de sa morning routine avec un joli sourire très doux dans le timbre, un supplice grotesque.

 

 

Le deuxième mouvement est marqué « sostenuto, molto calmo ». Des sons

  • ondulants,
  • striés,
  • déformés,
  • frottés les uns aux autresavec rugosité

tour à tour ou simultanément

  • se rapprochent,
  • s’éloignent,
  • se tuilent,
  • se provoquent,
  • dérapent,
  • cognent,
  • s’élèvent,
  • s’amplifient,
  • jouent avec l’inaudible et
  • finissent par s’éteindre.

Tout se passe comme si, ici, le chaos fragilisait une méthode rationnelle qui consisterait à tenter

  • d’amadouer,
  • de dompter et
  • de classer

les événements sonores. En effet, ce ne sont pas tant les rébellions du hasard qui s’opposent à cette stratégie d’organisation ; le quatuor Chaos semble suggérer que le chaos n’est pas domesticable car, dès lors qu’il serait domestiqué, il disparaîtrait. Le chaos ne reçoit d’ordre de personne, le bienheureux. Dès la prochaine notule, nous vérifierons si les trois derniers mouvements confirment ce point d’étape. À suivre !


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Petits papiers – 14

Dans la série : « Vérifiez l’alcoolémie des stagiaires avant de leur laisser carte blanche », l’entrée du forum « Vivre ensemble » de l’association Good Planet. Place de la Concorde (Paris 8), 18 avril 2026. Photo : Bertrand Ferrier.

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par une découverte du Figaro.

 

La chougne à l’homophobie en attendant la complainte contre l’antisémitisme : bien joué, Gaby !

 

Je crois que le délire russophobe va trop loin. Une intuition comme ça.

 

Peut-être est-il temps qu’une centrale nucléaire explose. Notre civilisation semble arrivée au bout d’elle-même. Au moins à Nantes.

 

Faire pétiller un Ehpad : c’est sûr que, si tu sais pas comment ça se passe, dans ces mouroirs sordides, le côté choquant de la blague peut t’échapper.

 

Quand, en tant que riche veuve, tu partages avec les grands patrons l’intérêt pour l’exploitation de la main-d’œuvre illégale, mais que ton nom fait tache, n’est-ce pas ?

 

Bah, l’inflation, le détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine, tout ça, tout ça.

 

Si Annie aime les sucettes, les sucettes à l’anus, il n’est guère de doute : elle doit bosser pour Le Figaro.

 

D’ailleurs, même à Rabat, c’est plutôt les « princesses » qui « apparaissent » au côté de Birgit, non l’inverse. Pour 10 millions de subs, faut bien faire un p’tit effort…

 

Non, rien. La malchance, sans doute.

 

Elle devait être lasse que l’on glissât un matelas absorbant partout où elle s’asseyait. Nous ne voyons pas d’autre explication. Bonsoir.

 

Enfin, les temps sont durs, les p’tits poissons font la gueule, tout ça tout ça. Mais, parfois, y a des bonnes nouvelles. Profitons-en !

 

À suivre !

Chaos String Quartet, « Chaos » (Solo Musica) – 2/7

Quatrième de pochette

Après un passage chez Haydn et une incursion chez Bach, le Chaos String Quartet se met en tête de nous amener chez Jean-Féry Rebel lequel, contrairement à ce que pourrait laisser supputer son prénom tout à fait cocasse, tout à fait spacieux, n’est pas un candidat oublié d’une téléréalité de TMC mais fut, comme chacun sait, un violoniste et compositeur baroque, contrairement à ce que laissent entendre certaines vidéos YouTube.

 

 

En 1737, ledit et susnommé Jean-Féry Rebel, Jean-Féfé pour les intimes, Jean-Féry Rebel pour tous les autres, a composé une « symphonie de danse » pour

  • petit chœur,
  • grand chœur,
  • cuivres et timbales pouvant être joués par qui sait les manier parmi les choristes.

Dans cette « symphonie de danse », « le cahos » est un mouvement non dansé, à une époque où une telle exclusivité – sans danse ni soliste lyrique – était logiquement rare dans un projet chorégraphique. Pour atteindre l’arrangement qu’en tire le quatuor, l’auditeur consciencieux doit néanmoins passer par la deuxième transition fomentée par le quatuor et Samu Gryllus. Contrairement à la première, celle-ci inclut la gravité du violoncelle en bourdon et des murmures vocaux dignes d’un moment où le corps est découvert dans une émission de faits divers mais en bien exécuté, pour une fois. La cohérence avec la pièce qui vient et interroge la liberté d’une musique libérée de l’obligation vocale ou mouvementée confirme, sous des abords new age, la profondeur de la réflexion semblant présider à cette set-list.

 

 

Au reste, Volker Neumann n’a pas hésité à conserver la respiration liminaire dans le montage définitif avant de laisser exploser le tohu-bohu de cordes en flammes. Désireux de surjouer sciemment la dimension programmatique du mouvement pour faire écho à la ligne directrice de son album conceptuel, le combo

  • accentue les fortissimi,
  • suréclaire les contrastes et
  • n’hésite pas à brouiller la mélodie avec le bouillonnement des accompagnateurs mimant l’émulsion créatrice en cours.

Autour d’une ligne de basse basique que Bas Jongen paillette avec sa variété d’attaques, il y a de la friction

  • de cordes,
  • d’harmonies et
  • de contraires
    • (délicatesse versus brutalité,
    • fureur versus suspension,
    • intensités évanescentes versus coups de butoir, etc.).

C’est bel et bien « le cahos », que la transition suivante tire vers le deuxième quatuor de György Ligeti, complémentant le premier chroniqué ici et . Cette fois, le quatuor d’instruments pétarade, interrogeant la note de ré en la jouant

  • nette,
  • tenue,
  • filée,
  • striée,
  • glissée… ou
  • transformée jusqu’à un silence de six secondes.

Si, six secondes, dans notre monde où tout va vite, c’est long. Hommes de certitude qui entrez dans l’univers du chaos, je crains qu’il ne vous faille abandonner de suite toute forme d’espérance car, une fois de plus, la suite, le croira-t-on ? est à suivre !


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Enfin oser les grands sujets, les grands machins

Au théâtre du Gouvernail (Paris 19), le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Marcelle Martin.

Anne Sylvestre cinglait :

Y en a qui voudraient que je chante
Des grands sujets, des grands machins
Mais, pour la chanson méritante,
J’ai pas le souffle et pas l’entrain.

Même de son vivant, je n’avais de cesse de prévenir : « Anne, tiens-toé ben, j’arrive ! » Car, quand je fredonne, les grands sujets, les grands machins, ça m’fait pas peur. La preuve. Enfin, je crois.

 

Chaos String Quartet, « Chaos » (Solo Musica) – 1/7

Première de pochette

On connaît le son du silence, cette rengaine qui fit la fortune de deux astucieux musiciens (et de leur producteur remixeur) ainsi que le bonheur des mauvais guitaristes cherchant quelque fredonnerie fédératrice pour finir une soirée assurément trop longue. Mais le chaos, lui, est plus proche du cri du renard : nul ne le connaît.

 

 

Oui, le chaos est-il

  • bruit ou musique,
  • pré-genèse ou aboutissement,
  • moment intermédiaire ou apocalypse orgasmique ?

Le quatuor à cordes Chaos, fondé en 2019, s’attaque à la question au long d’un disque enregistré en juillet 2025 sous les micros de Volker Neumann. Susann Schäffer, Eszter Kruchió, Sara Marzadori et Bas Jongen ont choisi d’explorer leur propre voie en mêlant

  • arrangements plus que transcriptions (ainsi les nomment-ils),
  • œuvres originales ou presque, elles-mêmes parfois bestofisées, et
  • transitions semi-improvisées autour d’une base fournie par Samu Gryllus.

C’est peu de dire que ce projet disruptif intrigue – l’esthétique pop proposée par Clemens Schneider et endossée par le quatuor fait résonner visuellement l’énergie que promet le titre fédérateur. En effet, depuis Mama Béa Tekielski, l’on sait que, au commencement était le chaos.

 

 

Ce nonobstant, ce postulat ne résout point le mystère. Car qu’y avait-il avant le commencement ? Et comment commença le chaos ? Rapprochant le chaos du big bang, le quatuor s’approprie la « Représentation du chaos » qui ouvre La Création de Joseph Haydn. Entre

  • agitation féroce,
  • tenues presque détrempées et
  • contrastes
    • (attaques,
    • intensités,
    • sonorités du premier violon),

les interprètes assument l’audace d’un tel arrangement en le tirant du côté

  • du mystère,
  • du primal (les grognements du violoncelliste ajoutent une couche à cette option) et
  • de l’émergence d’une organisation sonore plus policée.

Les sons paraissent plus souvent filés que découpés, laissant imaginer un espace mental filandreux qui apprivoise peu à peu ses composantes. Les archets s’étirent ou claquent. La musique murmure ou aboie. Les tenants d’un Haydn poudré jusqu’à la racine de la perruque risquent de suffoquer dans leur chemise à jabot. Ceux que

  • l’exploration donc la redécouverte du répertoire canonique par une face inattendue,
  • la proposition d’une relecture personnelle – ici thématique – et
  • l’audace de l’irrévérence réfléchie

excitent jugeront que, ma foi, ça démarre sur les chapeaux de roue ! La première transition expose le souffle – exercice qui eût été vain nonobstant la tendance de certains enregistrements de quatuor à survaloriser les halètements des cordistes, parfois de façon gênante. Ici, tout se passe comme si, après la Création, on était arrivé direct au dimanche où Dieu se reposa et vit que ce qu’il avait fait était rien cool.

 

 

Le lien entre L’Art de la fugue, dont pointe le premier contrepoint, et le chaos paraît contre-intuitif donc stimulant. On aurait compris d’emblée si les olibrius avaient opté pour le quatorzième épisode inachevé, donc hyperorganisé mais in-fini. L’hypothèse que l’on échafaude ici est celle d’un contrepoint, justement, au chaos. Rien de plus rigoureux que ce cycle, par opposition à l’idée

  • de dispersion,
  • d’aléatoire et
  • d’incontrôlable

qui anime le charme putatif du chaos. La fugue à quatre voix est cette fois traitée avec une netteté qui souligne par contraste la volonté d’incarnation entendue dans l’étrange première piste. On note le souci des musiciens de sonner baroque

  • (étirement des sons tenus façon diérèse avec la couleur de l’attaque distincte de celle de la finale,
  • aigus volontiers ouverts,
  • volonté d’avancer droit)

mais aussi leur désir d’organiser ce bordel – pardon : le chaos – qu’est le contrepoint rigoureux par des effets différenciés de nuances collectives qui fonctionnent souvent très bien.

 

 

Doit-on le préciser ? La suite est à suivre.


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Petits papiers – 13

Je pose là ce mode d’emploi. (Capture d’écran YouTube)

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. À commencer par une bonne nouvelle : bientôt des couvents sans crucifix. À suivre ?

  • Des spaghetti bolo sans pâte ni tomate (ni bœuf),
  • des vins sans alcool,
  • des viandes sans viande,
  • des cafés décaféinés,
  • des sucres désucrifiés,
  • des légumes sans OGM mais quand même un p’tit peu, et
  • une FNSEA non soumise aux lobbies des pesticides et des gros capitalistes de l’agroindustrie.

Aïe, on me signale dans l’oreillette que ce dernier épisode vient d’être annulé suite à une longue maladie due à une pendaison par balle empoisonnée ayant emporté le réalisateur. Nous présentons nos plus sincères condoléances à la FNSEA et vous prions d’accepter nos excuses pour l’effroi que vous dûtes éprouver.

 

Je crois qu’une défenestration depuis le dernier étage d’une tour Montparnasse infernale et amiantée doit être proposée fermement au gratte-papier ayant écrit qu’une coupure de métro est une merveilleuse occasion de « repenser ses trajets au quotidien ». Et ce, uniquement pour ses sécurités physique et mentale.

 

Il est deux heures du matin. Une information vient de tomber sur le télex du Figaro.

 

Quand tu es embarqué dans un attentat de masse, tu peux espérer fonder un truc qui te vaudra d’être décoré par Sosotteur Ier de la Pensée débile. Double sanction.

 

Que diable avez-vous dit après « rappeur » ?

 

L’œnologie expliquée aux femmes. (« Wouououh ! / – Et vous ajouterez au vin un peu de second degré, comme Florence Foresti, d’accord ? »)

 

Ça donne envie d’engager un pisciniste, non ?

 

Si votre fille adoptive noire pense qu’elle est noire, rassurez-vous et rassurez-la : c’est normal, elle est noire. Si elle pensait qu’elle était blanche, là, on aurait un problème houstonien. Néanmoins, la penseuse peut se rapprocher de Thomas Portes pour former une association antiBlancs. Y a encore beaucoup trop de Blancs en France, c’est vrai. Quand elle avait de l’humour, même sainte Muriel Robin le constatait, c’est dire.

 

« Oumy est souvent confrontée aux regards et aux attitudes des autres personnes. » Ha, la guigne. Ça n’est jamais arrivé à personne, ça. « Il y a un truc quand même tout le temps », pareil : c’est très beau, on dirait du Christian Bobin relu par Doc Gynéco. Bon, on peut fermer le ban ou tu dois continuer à faire ta promo, M. Je Rentabilise Ma Fille Adoptive Au Max Du Max ?

 

L’empereur est nu, mais Angelina est habillée. Well, sort of. En tout cas, c’est une info.

 

Une polémique ? Mais pourquoi diable ? Tsss, tsss.

 

Dans la découpure de presse qui suit, j’aime bien le « par erreur ». Dans ce monde de foufous, on ne sait jamais.

 

Oh, mince !

 

Si toi aussi tu trouves que les temps sont durs et que les p’tits poissons font la gueule, imagine le mec qui a pitché le truc qui suit devant les huiles de la production.

 

On a beaucoup rendu hommage à Marseille, dans les précédents épisodes. Reconnaissons que certain État américain est, lui aussi, something else.

 

À suivre !