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Le blog de Bertrand Ferrier, page 18

Gastronomie du petit-déjeuner

Au thĂ©Ă¢tre du Gouvernail (Paris 19), le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Marcelle Martin..

Un jour, je fus las de voir l’usage mortifère que les autoproclamĂ©s reprĂ©sentants des capitalistes faisaient des normes. Aussi me dis-je, en ma grande sapience, euphĂ©misme : « Comment expliquer Ă  l’humanitĂ© exhaustive que toute norme ou presque est l’anticipation d’une arnaque ? » Je pensai qu’une chanson ferait l’affaire. La voici.

 

Irakly Avaliani joue Franz Schubert posthume (Sonogramme) – 6/6

Quatrième de pochette

En guise de dernier Ă©pisode de notre visite posthume Ă  Franz Schubert, guidĂ©e par Irakly Avaliani, voilĂ  que s’avance le huitième impromptu, un allegro scherzando en fa mineur Ă  trois croches par mesure. L’Å“uvre apparaĂ®t comme un Ă©loge

  • de l’Ă©lan
    • (appogiatures envolantes,
    • trillles Ă©nergisantes,
    • accĂ©lĂ©rations rĂ©jouissantes avec des triples croches en quintolets, sixtolets, septolets voire treizolets – y a sans doute un vrai mot pour ça, mais celui-ci est assez rigolo – Ă  dĂ©faut de soupolets),
  • du rebond (staccati et notes rĂ©pĂ©tĂ©es) et
  • du contretemps qui pulse voire propulse (dans la première section, le rythme de la main gauche est calquĂ© sur une logique binaire qui frotte avec la tonicitĂ© ternaire de la dextre ; dans la deuxième, les mouvements sont inversĂ©s : quand la main droite monte, la main gauche descend, et inversement).

L’impromptu secoue son propre prunier en Ă©grenant legato la gamme de La bĂ©mol majeur, relative de fa mineur. On se pourlèche les oreilles du contraste

  • des touchers,
  • des nuances,
  • des modes et des tonalitĂ©s.

 

 

Irakly Avaliani nous donne moins Ă  entendre des notes que

  • de l’Ă©nergie,
  • de la tonicitĂ© et
  • une sorte d’urgence Ă  pĂ©tiller

que zèbrent mystĂ©rieusement des breaks fort efficaces pour nourrir l’Ă©coute et le suspense.

  • Des gammes modulantes en unisson octaviĂ© traversent le clavier ;
  • de grands mouvements secouent l’ivoire ;
  • des silences dĂ©fient l’Ă©vidence

jusqu’au retour du premier motif, associant la puissance des rĂ©flexes de la senestre Ă  la nettetĂ© des pirouettes ou des jaillissements de la main droite. Une main gauche grave et sombre interroge les sauts de la main droite, prĂ©parant la voie Ă  une coda qui

  • bouscule,
  • Ă©bouriffe et
  • nous pousse Ă  crier « BRAVO » au gramophone de service.

Une ultime piste remarquable et palpitante pour un disque de haute et belle tenue.


Pour écouter le disque en intégrale et gracieusement, c’est ici.
Pour retrouver nos précédentes chroniques sur Irakly Avaliani, c’est là.

Petits papiers – 11

Un Aiphone pour passer un Aippel Ă  l’hĂ´pital Bichat (Paris 18). Photo : Bertrand Ferrier.

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. Avec un bon nouvel pour commencer.

 

Puis ce vieux principe du journalisme daubĂ© : quand t’as rien Ă  Ă©crire, lance un questionnaire de sondage.

 

Dans la mĂªme sĂ©rie, Ă  paraĂ®tre : « C’est quand on se fait chier au thĂ©Ă¢tre que c’est bien », « c’est quand je voudrais me balancer par la fenĂªtre que je m’estime » et « c’est quand je t’ai tuĂ©e que je t’ai tant aimĂ©e ».

 

On va pas s’mentir : Le Figaro, qui n’est lu que par des retraitĂ©s, aime encore plus les patrons macronistes – les patrons, donc – que les retraitĂ©s. Une idĂ©e, comme ça.

 

Et vice et versa ?

 

Mais parce que c’est comme Ă©pouser sa fille, sauf quand t’es une vedette du chobimze mondial : ça ne se fait pas ! MĂªme les koalas hĂ©sitent Ă  faire ça !

 

MĂªme un Sauvage peut s’opposer Ă  l’acharnement. Comme quoi, ben, voilĂ , j’crois, quelque part, hein.

 

Y a des yensss, dès qu’ils ouvrent leur goule, t’as envie qu’ils n’en aient pas. Exemple paroxystique.

 

La pourriture socialiste Ă  l’Å“uvre en Espagne (tandis que le fils est poursuivi pour son Ă©trange embauche par une administration locale). Dommage, c’est rigolo, comme nom, Tulipe (je traduis approximatif).

 

Ça va, le mec a juste fait en sorte que des gens puissent cramer dans un Macumba suisse. So what?

 

Moi, prĂ©sident des États-Unis d’AmĂ©rique du Nord, j’aurais choisi un tartare avec une salade de cruditĂ©s, mais si tu veux choquer les plumitifs français en les rendant jaloux, c’est mieux si non.

 

J’en ai connu, des pitchs de merde, genre ordre du jour d’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale. Et pourtant, chez Arte, c’est vrai qu’ils ont un niveau un p’tit peu stratosphĂ©rique.

 

Marseille sera toujours Marseille.

 

Ă€ suivre !

Irakly Avaliani joue Franz Schubert posthume (Sonogramme) – 5/6

Première de pochette

Après le saisissement des deux premiers impromptus, voici que s’avance le troisième, un thème et variations en Si bĂ©mol Ă  jouer andante.

  • Motif guilleret,
  • notes rĂ©pĂ©tĂ©es sautillant avec grĂ¢ce,
  • ornementation joyeuse,
  • octaviation pimpante et
  • souci d’Ă©viter le sentimentalisme niaiseux
    • (mĂ©trique irrĂ©prochable,
    • tempo dĂ©cidĂ©,
    • nuances concentrĂ©es sur le mezzo forte pour l’exposition) :

le thème met en appĂ©tit ! La première variation s’Ă©lance sur

  • une basse Ă  temps et Ă  contretemps,
  • des accords Ă©grenĂ©s et
  • une mĂ©lodie surplombante, intĂ©grĂ©e Ă  l’harmonisation et jouĂ©e en rythme pointĂ©.

L’interprète veille donc

  • Ă  Ă©quilibrer les plans sonores,
  • Ă  varier les intensitĂ©s pour insĂ©rer de la tension narrative dans l’Ă©nonciation rĂ©gulière du texte, et
  • Ă  laisser poindre çà et lĂ  quelques surprises prĂ©vues par la partition (sursaut chromatique) ou dĂ©nichĂ©es par le musicien (tel accent ou telle mise en lumière de la basse).

Sur la mĂªme pulsation, la deuxième variation libère d’abord la main droite puis la main gauche, dĂ©liant tour Ă  tour aigus et basses, les uns pour dĂ©crire une arabesque dĂ©liĂ©e, presque nonchalante, les autres pour remettre de la tonicitĂ© dans le moteur grĂ¢ce Ă  des octaves bien senties. L’utilisation d’une large partie du clavier dans le dialogue entre senestre et dextre permet d’apprĂ©cier un piano habilement rĂ©glĂ© par Jean-Michel Daudon, d’une part, et, d’autre part, un artiste qui sait flatter l’oreille grĂ¢ce Ă  ces petites touches personnelles que sont, par exemple,

  • la prĂ©cision du phrasĂ©,
  • l’Ă©lĂ©gance du staccato,
  • une recherche passionnante de la pĂ©dalisation juste, c’est-Ă -dire Ă  la fois gĂ©nĂ©reuse et jamais cotonneuse,
  • le sens de l’Ă©quilibre des voix et
  • le plaisir d’une diĂ©gèse oĂ¹ s’entrelacent cohĂ©rence d’un rĂ©cit et plaisir de l’inflexion qui capte l’attention et colore le discours.

 

 

La troisième variation bascule – classique du genre – en mineur. Contraste radical avec la consÅ“ur que nous venons d’ouĂ¯r :

  • le mode change,
  • l’Ă©criture passe de l’horizontal (une mĂ©lodie se dĂ©tache) au vertical (accords et intervalles prĂ©dominent), et
  • le ternaire des triolets vient se frotter au binaire des rythmes pointĂ©s.

On apprécie le souci de caractérisation

  • des changements d’humeur ici tournoyants,
  • des registres pianistiques instables, et
  • des moments caractĂ©risant un impromptu soudain plus animĂ© comme si, pour partie, il renversait la table et dĂ©fiait les conventions.

La quatrième variation va encore plus loin dans ce dĂ©fi en ajoutant un bĂ©mol Ă  l’armature au lieu d’en Ă´ter trois. Nous voici en Sol bĂ©mol, dans un monde oĂ¹ la mĂ©lodie semble rechigner Ă  Ă©merger. Sous les doigts de l’interprète,

  • mystère d’une mĂ©lodie portĂ©e disparue,
  • circulation du lead,
  • Ă©nergie des accents, et
  • Ă©tonnements harmoniques (jonction Gb7 vers Bb Ă  la reprise de la seconde section, par exemple)

semblent sourdre avec naturel d’une partition oĂ¹ le fort joli a refluĂ© pour laisser place au palpitant et Ă  l’inattendu. La cinquième et dernière variation renoue avec la tradition du double (ça accĂ©lère), avec la tension que Schubert aimait bien entre ternaire (la main droite joue une sorte de 24/8, soit quatre paquets de six doubles par temps) et binaire (la main gauche revient Ă  la pulsation du deux temps liminaire), source inĂ©puisable de groove. C’est le moment oĂ¹ les petites saucisses peuvent se lĂ¢cher. Pourtant, masquant presque la double virtuositĂ© qu’il dĂ©ploie (cĂ©lĂ©ritĂ© de la dextre, sĂ©rĂ©nitĂ© de la senestre), Irakly Avaliani refuse de faire crĂ©piter des notes afin de nous laisser goĂ»ter la musique sans parasite fanfaron ou bravache qui nous obligerait Ă  nous exclamer : « Wow, il joue speed, le gars ? Comment il fait ? » (MĂªme si la question n’est pas si stupide, reconnaissons-le…) Dans cette version,

  • la vitesse devient grĂ¢ce,
  • la puls’ battement de cÅ“ur,
  • le vertige technique tremplin pour l’imaginaire, entre patineuse qui virevolte et effort du partenaire pour la suivre.

La coda, soudain grave, fracasse sans remords cette bouffĂ©e de lĂ©gèretĂ©. La manière dont le pianiste retient ses derniers mots (ha ! l’attente de l’ultime mi bĂ©mol aigu ! ha !) semble nous parler de ces matins oĂ¹, mĂªme après le rĂ©veil, l’on voudrait poursuivre le rĂªve ou le cauchemar interrompu par une maudite sonnerie afin de dĂ©couvrir la suite. Dans la vraie vie, il n’y a pas de suite, Ă  peine une chimère qui disparaĂ®t. Dans la vie du mĂ©lomane, cette dĂ©sillusion n’est pas systĂ©matique. Ainsi, il nous reste une dernière histoire Ă  dĂ©couvrir dans ce cycle D 935. Ă€ suivre, donc, na !


Pour écouter le disque en intégrale et gracieusement, c’est ici.
Pour retrouver nos précédentes chroniques sur Irakly Avaliani, c’est là.

RelativitĂ© de l’immensitĂ©

Claudio Zaretti au thĂ©Ă¢tre du Gouvernail, le 18 mars 2026, lors du double concert « D’une pierre deux coups ». Photo : Rozenn Douerin.

Plus de 40 000 km de diamètre. Plus de 500 millions de kilomètres carrĂ©s de superficie. Plus de 1X10 Ă  la puissance 12 de kilomètres cubes (le blog n’est pas paramĂ©trĂ© pour ce genre d’infos, alors on bricole).

  • Notre logement,
  • la zone d’errance oĂ¹ nous baguenaudons plus que nous ne vaquons,
  • la planète bleue comme un trou noir dont nous habitons une fraction fragile :

non,

  • rien n’est grand (d’autant que, comme le chantait Pain dans le pont du magistral « Dancing with the dead », « too much is never enough »),
  • rien n’est petit (mĂªme si, souvent, notre logement fait vachement bien semblant),
  • tout est une question d’Ă©chelle, surtout quand on en est tombĂ©.

 

 

En souvenir du mendiant paki avec qui j’eus jadis l’habitude d’Ă©changer longuement et souvent en franco-anglais, l’Ă©tĂ© devant ce qui est devenu un parc canin, près du square des Batignolles, l’hiver au-dessus d’une bouche qui crachait un peu d’air chaud, rue de Rome, j’aime bien fredonner cette chanson qu’il m’a inspirĂ©e.
TantĂ´t, je rĂ©cidivai avec le soutien de Claudio Zaretti, devant un public qui constatait comme moi que, pour qu’une guitare Ă©lectro-acoustique fonctionne, c’est mieux si les branchements ont Ă©tĂ© consciencieusement faits et vĂ©rifiĂ©s – rassurez-vous, les gens, je m’en rendis compte itou mais, quand les dĂ©s sont jetĂ©s, rien ne va plus, on y va, et merci aux curieux qui survĂ©curent Ă  cet incident technique. En plus d’Ăªtre souvent petit, le monde du live est souvent complexe, so let’s kiffe the vibe, won’t we?

 

Irakly Avaliani joue Franz Schubert posthume (Sonogramme) – 4/6

Quatrième de pochette

Presque deux fois plus court que l’impromptu en fa mineur, le deuxième chapitre du cycle D 935 de Schubert garde les quatre bĂ©mols du premier mais bascule en majeur et en ternaire. Le miracle avalianien intervient dès le premier accord, grĂ¢ce Ă  sa capacitĂ© Ă  dĂ©tacher nettement la mĂ©lodie tout en donnant une cohĂ©rence et un corps Ă  l’accompagnement.

  • Son Fazioli est Ă  la fois orchestral et intime ;
  • son tempo allie solennitĂ© et allant ;
  • sa pĂ©dalisation parvient Ă  laisser rĂ©sonner le son sans flouter le contour des notes.

L’impromptu devient une confidence partagĂ©e entre deux amis dans un fumoir cosy. On y entend

  • du velours et un feu qui craque,
  • le silence qui habite les conversations vraies et, dans des verres anciens, un alcool presque antique qui clapote,
  • de lourdes tentures et, de l’autre cĂ´tĂ©, une nuit lointaine et presque inoffensive.

Cela n’en rend que plus savoureux les coups de semonce ouvrant la seconde partie de la première section. La tranquillitĂ© schubertienne n’est jamais ronronnement, et l’interprète en rend avec maestria les reliefs Ă  travers notamment

  • les puissants sforzendissimi,
  • la percussion des accords rĂ©pĂ©tĂ©s,
  • les Ă©phĂ©mères modulations inattendues, et
  • le grand huit des nuances.

 

 

Contrairement aux apparences, aucune dichotomie ne sĂ©pare tonicitĂ© et sĂ©rĂ©nitĂ© – voilĂ  sans doute ce qui rend savoureuses l’une et l’autre. Irakly Avaliani fait entendre les passerelles

  • en tuilant les nuances autant qu’en les confrontant,
  • en maintenant la nettetĂ© de la ligne mĂ©lodique tĂªtue et
  • en n’abandonnant jamais l’exigence mĂ©tronomique qui va bien, fors la nĂ©cessaire suspension du point d’orgue.

Tendresse et vigueur martiale se coulent dans un mĂªme mouvement, que vient enrichir un trio doublement ternaire (on passe en pratique d’un 3/4 Ă  un 9/8) en RĂ© bĂ©mol. Sur une basse discrète mais groovy, la mĂ©lodie s’intègre au flux des triolets.

  • Modulations,
  • Ă©largissement des registres,
  • mutations d’intensitĂ©

savent

  • garder vive l’attention,
  • fasciner le regard de l’oreille et
  • Ă©mouvoir le cÅ“ur.

Le retour du premier motif dual a beau Ăªtre convenu de chez convenu, il rĂ©jouit et, jouĂ© avec la mĂªme attention, finit d’enthousiasmer l’auditeur. Le prochain impromptu, un thème et variations en Si bĂ©mol saura-t-il Ăªtre Ă  la hauteur ? (Non, tout le budget n’est pas passĂ© dans ce teasing de pacotille… vu qu’il n’y avait pas de budget, hĂ©las, ça peut jouer.) Ă€ suivre !


Pour écouter le disque en intégrale et gracieusement, c’est ici.
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Petits papiers – 10

La bonne relation aux animaux de compagnie d’après « La MĂ©decine vĂ©gĂ©tale » du docteur A. Narodetzki, Ă©ditions La grande pharmacie du globe, 1910. Photo : Bertrand Ferrier.

En attendant un prochain post, quelques nouvelles du monde. Et first things first, deux publicitĂ©s en forme de dĂ©cryptage. Je sais, mais faut bien vivre, hein. D’abord, pour comprendre pourquoi Beauval est une arnaque dĂ©gueulasse…

 

… une lecture s’impose : Sauvage ! La vraie nature du trafic d’animaux, que j’ai aidĂ© JĂ©rĂ´me Pensu Ă  ficeler. Et ensuite, dans la mĂªme rubrique « arnaques malsaines », ceux qui osent se demander le pourquoi du comment des mystères d’État comme celui-ci…

 

… peuvent se procurer Secret dĂ©fense. Le livre noir, que j’ai aidĂ© Pascal Jouary Ă  mener Ă  dame. Bien, maintenant, revenons Ă  nos chers petits moutons. C’est l’histoire d’Édouard qui, pour coordonner ses partis (sans « e »), glisse Ă  Gaby : « J’aimerais bien sucer mon pouce », et de Gaby qui lui rĂ©pond : « Quand tu dis ton pouce, t’es sĂ»r que c’est utile ? »

 

Pour la question suivante, j’avais bien une rĂ©ponse, mais on ne peut pas parler de sodomie Ă  tous les Ă©tages, n’est-il pas ? Bon, tant pis : entre baiser et monter…

 

J’avoue, j’ai hĂ©sitĂ© Ă  partager la dĂ©coupure de presse qui vient, de peur que vous ne versassiez une larmichette ainsi que je le fis. Mais pourquoi nier que l’homme est lacrymal, qui plus est quand il fait face Ă  des situations aussi drrramatiques ?

 

Ou on ne peut Ăªtre Ballon d’or et peut tout rĂ©ussir. Ou on ne peut tout Ballon d’or et ne peut Ăªtre. Ou on peut Ăªtre et ne peut tout rĂ©ussir Ballon d’or. Oh pis mĂ¢rde Ă  la fin !

 

La dĂ©mocratie, c’est avant tout une presse indĂ©pendante. Libre. Exigeante. Pas soumise Ă  la merde milliardaire. Le Figaro, par exemple.

 

« J’encule le droit, la morale et l’Ă©thique, mais c’est rĂ©alisĂ© tranquillement avec un bisou de Manu » : essaye de faire ça face au fisc, si t’es pas l’idole dĂ©gueulasse du macronisme corrompu et dĂ©gueulasse, et envoie-moi un courriel pour me parler du rĂ©sultat.

 

Pas facile, d’observer un camouflĂ©.

 

D’après la FNSEA, cette ordure, non.

 

Tu n’es pas nul, non. Dis plutĂ´t que tu enchaĂ®nes les dĂ©fauts. Ce qui fait que tu es nul ? AĂ¯e, en effet.

 

J’ai travaillĂ© jadis sur un livre narrant les trajectoires de gosses de lesbiennes. LGBTQIA+ etc., c’est bon, j’ai intĂ©grĂ©. Mais c’est vrai qu’on peut aller plus loin, j’oubliai.

 

Quand t’es en manque d’Ă -valoir et de bisous mĂ©diatiques, ben, il se passe ce qu’il doit se passer : tu racontes tes craques. Et ça marche !

 

Et finalement, mon père, oĂ¹ est-ce qu’on les enterreuh ceux qui sont mĂ©chants ? C’est pas pour un ami, c’est pour moi.

 

Ă€ suivre !

Irakly Avaliani joue Franz Schubert posthume (Sonogramme) – 3/6

Première de couverture

PubliĂ©s en 1838 ou 1839, les sources tĂ¢tonnent sur le sujet, les quatre derniers impromptus de Franz Schubert ont Ă©tĂ© refusĂ©s par les Ă©diteurs, en bloc ou au dĂ©tail car « trop difficiles pour des bagatelles », confirmant qu’il faudrait dresser un monument aux cons les plus cons du monde en mode name and shame, mĂªme si ça prendrait une place sans doute fort consĂ©quente – surtout si on crĂ©e un souvenir identique pour leurs frères les connards, pas toujours identiques.
Le premier Ă©pisode de cette seconde tĂ©tralogie consiste en un Allegro moderato en fa mineur, composĂ© en dĂ©cembre 1827 et courant sur près d’un quart d’heure. Son prĂ©lude est jouĂ© avec franchise.

  • Rythme pointĂ© et friction entre binaire et ternaire tonifiants,
  • ornementations et appogiatures arpĂ©gĂ©es cinglantes,
  • accents et silences secouants

lancent sans fard les hostilités, ouvrant la voie à

  • un bariolage Ă©lĂ©gant,
  • un accompagnement d’une lĂ©gèretĂ© irrĂ©elle, et Ă 
  • une pĂ©dalisation d’une grande prĂ©cision.

Les contrastes thymiques permettent Ă  Irakly Avaliani de jouer des mille touchers environ dont il dispose.

  • Modulations inattendues et phrasĂ©s partagĂ©s entre aigus et basses,
  • octaves et unissons,
  • accords rĂ©pĂ©tĂ©s et mutations de couleurs

obligent l’interprète Ă 

  • une vigilance de clartĂ© car le discours est riche donc complexe,
  • une jonglerie entre continuitĂ© et caractĂ©risation, et Ă 
  • une connaissance
    • intĂ©rieure,
    • intime et
    • pĂ©nĂ©trĂ©e de l’art schubertien.

De quoi nous remettre en mĂ©moire cette correction de l’artiste quand nous l’accusions Ă  tort d’avoir jouĂ© un nocturne de Chopin : « Celui-lĂ , aucun risque, je ne sais pas le jouer. » Entendre : « Je n’ai pas pĂ©nĂ©trĂ© son mystère. » D’emblĂ©e, il est Ă©vident qu’il a percĂ© assez du mystère de cette sonate rhapsodique qui ne dit pas son nom pour y guider habilement et plaisamment l’auditeur.

 

 

  • Aigus cristallins mais efficaces,
  • alternances des registres et des modes,
  • ravissement du chromatisme de prĂ©cision,
  • impressionnante rĂ©gularitĂ© de la main gauche et
  • charme des voltes harmoniques Ă  mains croisĂ©es

fascinent l’oreille et aiguillonnent l’esprit. Sous les doigts d’Irakly Avaliani, l’Å“uvre palpite dans ses jaillissements comme dans ses dĂ©veloppements. Le retour du premier motif condensĂ© prĂ©pare le passage en Fa (majeur, cette fois). On ne peut qu’Ăªtre saisi par cette bouffĂ©e

  • de lĂ©gèretĂ©,
  • de sĂ©rĂ©nitĂ© voire
  • d’aĂ©rien

que le pianiste, par on ne sait quel sortilège, fait sonner comme la sÅ“ur jumelle de l’inquiète tristesse presque fataliste qui faisait le charme de la partie mineure. Au reste,

  • le chromatisme,
  • les triples croches enragĂ©es et
  • les unissons interrogatifs

rappellent que la dichotomie entre joie et tristesse est une illusion destinée à illusionner les hommes un rien concons. La magie schubertienne

  • de la mĂ©lodie,
  • de l’harmonisation et
  • du pianisme

fonctionnent

  • en blanc,
  • en noir et
  • en nuances mĂ©tissĂ©es…

ce que rappellent

  • le retour en fa mineur oĂ¹, cette fois, la main gauche est dans le mĂ©dium (plus lumineux que les graves de la première exposition),
  • le glissement en majeur sans changement de forme ce qui traduit le continuum des Ă©tats d’esprit, et
  • le finale en mineur puisque, malgrĂ© que nous en ayons, nous savons – depuis que nous savons quelque chose – que nous finirons dans la tombe.

Le rĂ©sultat ? Une interprĂ©tation magistrale d’une Å“uvre

  • passionnante,
  • puissante et
  • bouleversante.

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L’autre prĂ©nom

Bertrand Ferrier au thĂ©Ă¢tre du Gouvernail (Paris 19) lors du double concert « D’une pierre deux coups », le 18 mars 2026. Photo : Cendras Djedda.

Mais, vous savez, moi, je ne crois pas qu’il y ait de bon ou de mauvais prĂ©nom. Moi, si je devais rĂ©sumer ma vie, aujourd’hui, avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-Ăªtre Ă  un moment oĂ¹ je ne pouvais pas, oĂ¹ j’Ă©tais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinĂ©e.
Surtout quand on s’appelle PĂ©tronille, Ă©videmment.

 

Irakly Avaliani joue Franz Schubert posthume (Sonogramme) – 2/6

Quatrième de couverture

Après un allegro moderato massif, la treizième sonate de Franz Schubert se poursuit avec un andante deux fois plus court qui troque la tonalitĂ© de La majeur pour un si mineur, et le quatre temps pour une mesure ternaire. Un prĂ©lude mĂ©ditatif amorce le mouvement avec des accords rĂ©pĂ©tĂ©s qu’Irakly Avaliani enfonce profondĂ©ment dans le clavier en en dĂ©tachant les notes-clefs. L’exposĂ© de la mĂ©lodie sur le balancement de la senestre ne libère pourtant pas le chant.

  • Des notes rĂ©pĂ©tĂ©es interrompent cette tentative d’envolĂ©e ;
  • une modulation en mi mineur rĂ©investit le motif du prĂ©lude ; et
  • une rythmique doublement ternaire (on passe d’une mesure Ă  3/4 Ă  une mesure Ă  9/8) le colorie diffĂ©remment.

L’interprète raconte l’histoire

  • comme si elle se fabriquait devant nous, en direct,
  • comme si le compositeur cherchait la juste manière de s’exprimer,
  • comme si ce qui Ă©tait dit s’effaçait derrière ce qui aurait pu Ăªtre narrĂ© sinon mieux du moins diffĂ©remment.

Cette intĂ©rioritĂ© questionnante frisant le making of sied Ă  ce mouvement – au sens actif du terme – aux trouvailles harmoniques toujours plaisantes et souvent surprenantes (ainsi de l’improbable passage de l’accord de La7 Ă  Bb/F, Ă  4′ !), rendues avec la dĂ©licatesse idoine par Irakly Avaliani jusqu’au rassĂ©rĂ©nant RĂ© majeur conclusif.

 

 

SynthĂ©tisant les deux premiers mouvements, un allegro en La (comme le premier) ternaire (comme le deuxième) contraste par son pĂ©tillement avec le calme de l’andante.

  • La lĂ©gèretĂ© du toucher,
  • l’aisance digitale et
  • le sens de l’accentuation

du pianiste font merveille. VoilĂ  un moment qui sait

  • Ăªtre allègre,
  • se suspendre pour mieux filer ensuite, et
  • danser avec grĂ¢ce sans oublier d’Ăªtre tonique sur ses appuis.

La seconde partie, sporadiquement plus tourmentée, renforce le plaisir des contrastes

  • d’humeur,
  • de tonalitĂ© et
  • d’Ă©nergie.

Irakly Avaliani excelle Ă  retourner sans cesse sa veste musicale (combien d’endroits et d’envers n’a-t-elle pas !) pour jouer

  • le galop,
  • le sautillement,
  • le cahot et
  • les joies
    • (insouciance,
    • fulgurance,
    • Ă©vasion Ă©phĂ©mère d’un monde qui, le reste du temps, ne rechigne pas Ă  nous turbuler).

De quoi mettre en appétit avant les quatre impromptus qui seront au menu de prochaines notules !


Pour écouter le disque en intégrale et gracieusement, c’est ici.
Pour retrouver nos précédentes chroniques sur Irakly Avaliani, c’est là.